Sur la Route des Grandes Alpes

Du Cormet de Roselend au lac de la Sassière - Partie 2/4

Juin 2020

Encore tout émerveillé par la 1ère partie de notre périple, nous continuons en direction du Cormet de Roselend. A partir d'ici la route s'élève un peu plus et la haute montagne se profile. Le paysage défile sans monotonie aucune et la nature se fait accueillante, avec de vastes étendues de forêt et d’alpages verdoyants. Nous sommes toujours sous le charme de la Route des Grandes Alpes ....

Bonne balade 😉

En chemin, un petit détour nous permet d'admirer le lac de la Gittaz. Ce lac d'altitude (1562 m) d'une superficie de 37 ha est fermé par un barrage qui fut construit entre 1963 et 1967. Il reçoit les eaux du torrent de la Gittaz et contribue, avec le barrage de Saint-Guérin, au remplissage du barrage de Roselend.

Et voici le barrage du Roselend, le 4ème plus haut barrage de France. Il alimente, avec ceux de la Gittaz et de St Guérin, la centrale de La Bâthie proche d'Alberville. Il fut construit entre 1955 et 1962 ce qui donna naissance à un lac de belles dimensions : surface : 320 ha, profondeur : 130m, volume de la retenue : 187 000 000 m3. 2600 ouvriers ont travaillé jour et nuit sur le chantier dans des conditions très rudes. Le hameau de Roselend fut noyé le 6 mai 1960 et 15 des 54 alpages furent engloutis.

La Chapelle Ste Marie Madeleine fut engloutie lors de la mise en eau du barrage le 6 mai 1960, une chapelle fut reconstruite deux ans plus tard à proximité de la route qui surplombe le lac tout en gardant le côté roman qu’elle avait à l’origine.

Les deux cloches furent sauvées des eaux, et sonnent encore dans le clocher, même si l’histoire pour l’une d’entre elle s’arrête dans les années 1980, elle fut volée et on ne l’a jamais retrouvée. En 2011, le barrage fêta ses 50 ans. Le conseil général évoqua l’idée de couler une cloche, pour remplacer l’ancienne, qui avait laissé une fenêtre vide. L’idée séduit EDF qui offrit la coulée sur site, réalisée par la fonderie Paccard. La cloche fut fondue devant les Beaufortains au chef-lieu, et fut démoulée le lendemain matin, devant la chapelle, puis fut bénie par Mgr Ballot, archevêque de Chambéry, avant enfin d’être placée dans le clocher.

Impossible de ne pas s'arrêter au refuge du plan de la Laie 3 km avant le sommet du Cormet de Roselend. Cet endroit est simplement magnifique en cette fin de soirée. La palette de couleurs y est généreuse avec ce vert des pâturages où paissent les troupeaux.

Les troupeaux d'ailleurs que nous avons eu la chance de voir monter en compagnie des chiens et de leurs gardiens. Joli spectacle ponctué par des dizaines de cloches résonnant dans les montagnes. Dommage pour ceux qui suivaient derrière au pas, la montée a dû être longue ! 😉

La vache Tarentaise aussi appelée aussi Tarine a une robe de couleur brun fauve. Elle est née en Savoie dans la vallée de la Tarentaise qui lui a donné son nom.

Sa corpulence plus faible que beaucoup d’autres laitières lui permet d’avoir de bonnes capacités d’endurance. Elle est taillée pour les longues randonnées et résistante aux régions difficiles.

Les vaches passent l’été dans les alpages de Savoie où sont fabriqués les fromages comme la Tomme et le Beaufort.Le lait est utilisé aussi pour la fabrication de fromages AOC comme le reblochon ou l’abondance et de fromages IGP comme l’emmental de Savoie ou la tomme de Savoie. Aujourd’hui, c’est la 4ème race laitière française. En France, on en compte environ 55 000.

Soirée magique avec juste le bruit du torrent voisin.

Devant ce spectacle matinal, nous n'avons pas résisté à l'appel de la montagne. Godillos aux pieds, nous voilà partis pour une balade dans l'espoir d'apercevoir le lac de Roselend d'en haut.

Notre 1ère marmotte depuis que nous avons entamé la Route de Grandes Alpes, mais on vous promet qu'il y en aura d'autres !

Le lac de Roselend vu d'en haut avec sur la gauche le barrage.

Une petite surprise improbable nous attendait sur le retour. Une cabine téléphonique perchée sur un piton rocheux à 2000 m d'altitude ! Nous nous sommes posés bien des question sur sa présence en ce lieu incongru avant d'avoir l'explication par les sympathiques propriétaires du Refuge Plan-Mya.

On ne capte aucun réseau téléphonique dans cette partie de la montagne sauf à cet endroit d'où l'idée des propriétaires d'y installer cette cabine. L'endroit a d'ailleurs été baptisé "La Cabine" . Petit clin d'oeil à la modernité 🙂

Cette fois-ci on y est au sommet du Cormet du Roselend à 1968 m d'altitude. "Cormet" voulant dire col en patois beaufortin. Ce magnifique col relie les vallées du Beaufortin et de la Tarentaise.

Il y a des artistes sur la Route des Grandes Alpes !

Le mois de juin voit l'éclosion de milliers de fleurs. La montagne en est tapissée pour le bonheur des yeux.

Cet endroit est peu connu mais nous plonge au siècle dernier. Blotti dans un vallon bucolique à 1874 m d'altitude, le petit village savoyard du Monal semble tout droit sorti d'une carte postale. Ce hameau est composé de chalets montagnards, ayant conservé toute leur authenticité des XVIIIème et XIXème siècles avec ses ruisseaux qui serpentent entre les maisons. Le site est classé et on y accède uniquement à pied après 45mn de marche.

Un petit saut de puce ( à vol d'oiseaux hein !) et nous voici au lac de la Sassière au coeur de la Réserve Naturelle de la Grande Sassière en Tarentaise. Notre petit doigt nous avais dit qu'on y observerait des marmottes. Il ne nous avait pas menti 😉

Et là on s'est laché devant ces petites créatures si mignonnes. On pourrait rester des heures à les admirer

Vous en voulez encore ?

Un peu plus loin, ce sont des chamois, beaucoup plus difficiles à prendre en photo

Dans la nuit la température est descendue à 2 degrés et la neige s'est mise à tomber. Le lendemain la montagne avait blanchi.

Le lac de la Sassière (2 264 m) est une retenue d'eau turquoise fermée par un barrage.

La vue permet de visualiser le contraste entre les ruines du hameau du Saut et la station alpine de Tigne au second plan.

A bientôt pour la suite de la Route des Grandes Alpes 🙂

Suite de la Route des Grandes Alpes : Du Col de l'Iseran au col du Lautaret - Partie 3/4 🙂



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